Le Salon des souvenirs d’Ignacy Jan Paderewki

Déjà à son époque, on disait de I. J. Paderewki qu’il était un double héros : de l’art et de la patrie. En tant qu’artiste, grâce à son art et la force de son talent, il savait comment ravir et enthousiasmer les plus grands auditoires. Cela lui permit de paver le chemin vers le monde de la politique et, par conséquent, apporter un grand soutien à la patrie qu’il glorifiait, respectait et qu’il servait avant tout le reste. Lorsque qu’il a assumé sa mission politique, désirant travailler pour la paix et le retour de la Pologne à l’indépendance, les grands de ce monde, avec un respect indéniable pour cet homme d’État, disaient qu’aucun pays ne pouvait espérer un meilleur avocat. Dans son allocution à la diaspora polonaise aux États-Unis, il écrivit : « L’idée d’une Pologne grande et forte, libre et indépendante a été et demeure l’essence de mon existence et sa réalisation a été et demeure l’objectif unique de ma vie ».

L’École des Cadets abrite le Salon des souvenirs d’Ignacy Jan Paderewski dédié à ce pianiste, homme politique et premier ministre polonais exceptionnel. Chacun des visiteurs peut y voir de près le piano à queue de 1867. L’instrument que Paderewski reçut en 1919 se trouvait dans l’appartement du maître à l’hôtel Bristol. Fait intéressant, en 1932 le piano fut offert par Paderewski au colonel Józef Beck à l’occasion de sa nomination au poste de ministre des Affaires étrangères de la République de Pologne.

Ignacy Jan Paderewski (1860-1941)

Il nait le 6 novembre 1860 à Kuryłówka en Podolie dans la famille d’un administrateur de biens fonciers. En 1872, il entame ses études à l’Institut Musical de Varsovie, poursuit son éducation à Berlin et perfectionne l’art du piano à Vienne. Pendant cette période, il composait déjà. En 1888, il donne une série de concerts dans la Salle Érard de Paris, qui lui permettent d’entamer une brillante carrière de pianiste. Trois ans plus tard, il remporte un succès énorme lors de sa tournée aux États-Unis. À partir de ce moment, il joue presque dans tous les pays d’Europe, d’Amérique et aussi en Afrique et en Australie. On le considère comme l’un des plus grands pianistes de son temps.

Pendant la Première Guerre mondiale, profitant de ses nombreuses relations dans le monde de la politique, Paderewski soutient les aspirations de la Pologne au retour à l’indépendance. Le 28 juin 1919, en qualité de premier ministre et ministre des Affaires étrangères, il dirige avec Roman Dmowski la délégation polonaise à la Conférence de paix à Paris où il signe – au nom de la Pologne – le Traité de Versailles. Il démissionne du poste de premier ministre le 9 décembre 1919. En janvier 1920, il part en Suisse.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il sollicite encore une fois l’aide à la Pologne, aux États-Unis entre autres. Il meurt à New York le 29 juin 1941. Il est enterré au cimetière militaire d’Arlington à Washington. En 1992, ses cendres sont transférées en Pologne pour être déposées à la cathédrale de Saint-Jean à Varsovie.

Le Grand Office

Vers la fin du XVIIe siècle, à l’endroit où se trouve aujourd’hui le Grand Office (l’École des Cadets), un bâtiment de taille plus modeste s’élevait. Il était destiné aux fonctions de cuisine où l’on préparait les repas pour les résidents de Łazienki au temps de Stanisław Herakliusz Lubomirski. À l’époque de Stanisław August, le bâtiment fut agrandi considérablement (d’après le projet de Domenico Merlini) et prit le nom de Grand Office. Le bâtiment de plain pied, construit en forme de fer à cheval, avait une apparence austère et simple de l’extérieur à cause des fonctions subalternes par rapport au Palais-sur-l’Île auxquelles il était destiné. À part la cuisine, le garde-manger et le cellier pour les boissons, le Grand Office abritait également des logements. Quelques-uns d’entre eux furent occupés par Elżbieta Grabowska, amie de longue date du roi et d’autres personnes de la cour de Stanisław August y habitaient aussi : le général de division Arnold Byszewski, l’échanson Antoni Luciński, le chef cuisinier Paweł Tremo, le majordome et l’officier du vestiaire royal Ludwik Brunet, ainsi que les pages de Stanisław August. 

Jusqu’au début de la Première Guerre mondiale, la cuisine était reliée au Palais sur l’Île par un couloir en bois couvert d’un toit et doté d’un carrelage en marbre sur le sol.

L’École des Cadets

En 1922, le bâtiment a été transmis à l’École des Officiers de l’Infanterie, d’où le nom actuel du bâtiment – l’École des Cadets.

Piotr Wysocki (1797-1875)

Il fut élève de l’École des Officiers de l’Infanterie à Varsovie, dont il devient enseignant en 1828. Il était instructeur d’infanterie, cependant il n’enseignait pas que dans le domaine militaire. Il créa une association patriotique nommée Conspiration de Wysocki. Après l’éclatement de l’insurrection, il fut nommé capitaine et aide-camp du commandant en chef Michał Radziwiłł. Il prit part dans de nombreuses batailles de l’Insurection et il atteint le rang de sous-lieutenant. En 1831, il fut fait prisonnier par les Russes et condamné aux travaux forcés en Sibérie. Après plus d’un quart de siècle, à la suite d’une amnistie, il retourne en Pologne en 1857 et s’installe à Warka. Son buste se trouve dans les jardins de Łazienki, à proximité de l’École des Cadets.